Que devient Sebastien Delaure ?

  • Racontez nous votre vie actuelle: professionnelle et sportive ? (bien parler des stages à l’étranger et de vos études)

Alors pour ma part, depuis le pôle France de judo, j’ai suivi le programme international (EBP International) dans lequel je suis, à l’école de commerce : Kedge Business School. Je suis parti étudier 1 an en Angleterre (Hull). Ensuite j’ai effectué 6 mois de stage à Madrid en finance et comptabilité dans une entreprise international (FAIN). Et actuellement je suis en train de réaliser un deuxième stage de 6 mois à Barcelone en tant qu’assistant directeur financier dans l’entreprise AT Language Solution. J’ai donc eu une coupure assez brutale avec le judo au moment de partir mais je n’ai jamais perdu l’envie de faire du sport.
Vu que je suis amené à beaucoup bouger, changer d’endroit, avec des horaires extrêmements différents, le triathlon est parfait car contrairement au judo, je n’ai aucun horaire précis d’entrainement ce qui me permet vraiment d’ajuster mes entrainements en fonction de mon emplois du temps et donc garder une charge d’entrainement similaire voir supérieur au pôle France sans avoir aucun aménagement de mon emploi du temps.

  • Rappelez nous vos performances sportives ? (Judo, natation, course à pied, triathlon …. pas que les victoires et podiums … les compétitions qui vous ont frappé, plu genre les halfs, semi, …)

Alors au niveau des performances, le judo reste à ce jour la période de ma vie la plus titrée. Au niveau national j’ai deux médailles consécutives aux championnats de France cadets (argent et bronze) et de multiples médailles sur les tournois nationaux. Au niveau international, j’ai gagné une european cup en Allemagne et ai été sélectionné plusieurs fois en équipe de France dont la participation (non classé) à l’european cup de Pologne.
Pendant ce temps-là, tous les étés je me donnais à fond à la natation pour combler l’entre deux saisons. Ou j’ai été plusieurs fois qualifié à la coupe de France des régions avec la région aquitaine. Nous avons d’ailleurs remporté le titre de champion de France des régions alors que j’étais le capitaine pour ma dernière année (qui n’avait plus était remporté depuis 7 ans).
Vers la fin du pôle France, comme j’étais un « bon » nageur et que j’aimais la course à pied beaucoup pratiquer en pole lors des séances complémentaires au judo (préparation physique), j’ai décidé d’essayer le triathlon. Je me suis donc initié au vélo petit à petit tout en mettant un gros accent sur la course à pied et j’ai commencé à participer à des triathlons avec mon club de l’ASPOC.
Le judo, mais surtout le haut niveau m’a vraiment appris à m’entrainer, être assidue, à connaitre mon corps, à savoir repousser les limites mais aussi l’importance de la technique, des détails, de la tactique, de la gestion du stress, etc. Et même si ça fait un peu cliché ce sont des choses que l’on retrouve partout, autant dans le sport que dans la vie de tous les jours et qui m’ont était vraiment utile lors de cette transition en triathlon et course a pied.
En mars 2018, j’ai couru mon premier marathon à Barcelone, évidement un peu déçu du temps 3h26 (11 min de plus que le temps visé) mais énorme joie et bonheur et cette course et vraiment venu me réconforter sur le fait que j’adorais ce sport (triathlon et course à pied) mais surtout que j’aimais me dépasser et ceux dans n’importe quelle sport. J’aime relever des défis.
Donc j’ai continué sur la voie en participant en suivant sur le semi-marathon de Madrid en Avril 2018 et le marathon de Madrid deux semaines après en Avril 2018. Content d’observer une progression et de voir que le plaisir est toujours présent j’ai juste cherché à continuer à me faire plaisir en repoussant de plus en plus mes limites (en distance ou en charge d’entrainement). Jusqu’à ce premier gros défit introduit par mon coach Lionel Galey, d’aller ensemble chercher l’half ironman des angles (Altriman) qui est un des plus durs de France due au dénivelé du parcours à vélo et de la course à pied. Mais défis relevé donc je me suis vraiment entrainer dur pour cet objectif surtout sur mon point faible le vélo, mais toujours avec autant de plaisir. Du coup en Juin 2018 je termine l’Half Altriman en 6h46. Gros sentiment d’accomplissement surtout que malgré mon jeune âge et le peu d’expérience je termine 68eme sur 500 participant et je termine 3eme de ma catégorie (Senior1). J’ai aussi un gros sentiment d’admiration face au finisher de l’altriman qui me parait interminable, et c’est là que les idées fusent dans la tête : allé chercher toujours plus loin.

  • Quels sont vos prochains objectifs pour ce 2eme semestre 2018 ? (sportifs)

Donc clairement le gros objectif de ce 2eme semestre de 2018 c’est les 100km de Millau. Ca va vraiment être ma première expérience dans le monde de l’ultra donc on va dire que l’objectif premier vas juste être de le terminer, mais bon c’est vrai que si je peux le faire sous les 10h je serais content oui. (Et sinon évidement objectif caché : être le premier de la famille haha)
Mais il y aura aussi le marathon d’Amsterdam un mois après ou j’aimerais vraiment passé sous les 3h15, mais ça, ça va aussi dépendre de la récupération des 100 km et d’un bon travail d’allure pour revenir à des vitesses plus rapides.

  • Pour ce 100 kms de Millau, quelle est votre préparation sportive et mentale ?

Pour la préparation physique c’est notre coach Lionel Galey qui nous envoie le programme. C’était un cycle de préparation spécifique à la distance. En ce moment nous courons environ 100kms par semaine et moi de mon coter j’essaye de maintenir au moins 2 ou 3 sorties de vélo et 2 ou 3 entraînements de natation par semaine. Donc oui les semaines sont vraiment chargées mais après tout c’est ce qu’on aime haha.

Au niveau mental ce n’est pas simple. Pour être honnête j’ai jamais eu de mal à m’entrainer seul de mon coter (heureusement vu que je voyage beaucoup) mais cette fois la solitude se fait vraiment sentir. C’est vraiment diffèrent de partir courir en groupe pendant 3-4h et de partir seul. En terme de provision (toujours prévoir plus que pas assez), de sécurité (toujours un téléphone chargé, de l’argent) mais aussi sur le fait de ne jamais pouvoir penser à autre chose en parlant avec quelqu’un, etc. C’est super diffèrent de ce que j’ai connu mais je me répète toujours qu’au moins ça payera dans les moments difficiles sur les prochaines courses.

  • Apparemment ce 100kms est aussi une affaire de famille (parler de votre père qui le fait de votre mère et copines qui vous accompagnent)

Lors de la fête des pères, on a décidé (Alex et moi) d’offrir l’inscription au 100kms de Millau à notre père. C’était un geste très symbolique car c’est la course dont il a toujours rêvé de faire, dont il nous parle depuis tout petit. C’est l’occasion parfaite de réaliser son rêve en famille et pour nous de continuer dans notre progression et aller voir du coter de l’ultra distance pour avoir de nouvelles expériences. De plus c’est à mon avis un super projet car pour chaque coureur il y a un accompagnateur en vélo pour l’aider à réaliser ce pari un peu fou en le nourrissant, l’encourageant, etc. Son rôle est absolument primordial et donc c’est parfait pour faire participer les supporters et partager, dans l’effort, un moment inoubliable. Ma maman évidement sera l’accompagnatrice de mon père. Et pour Alex et moi ce seront nos copines. Donc on peut vraiment dire que c’est un grand projet en commun qui nous tient tous à cœur d’accomplir et de partager des bons moments.

  • Et pour 2019, des idées, des envies ?

Pour 2019, toujours dans la même dynamique d’aller chercher plus loin et de repousser nos limites, avec mon frère nous sommes inscrit sur l’Ironman de Zurich (Juillet 2019). Donc d’ici-là il va y avoir une grosse période d’entrainement et surement quelques longues courses comme des marathons de février à mai et des triathlons vers mai-juin pour bien se préparer, ça reste à déterminer.
Mais en tout cas l’Ironman c’est comme un rêve pour moi donc ça va rester vraiment l’objectif numéro 1 de 2019.

  • Et 2030 comment vous projetez vous (pro, pri, sportif) ? (ou autre année ?)

Dans le futur je veux travailler dans la finance de marché. C’est un milieu où la concurrence est très rude et où la gestion du stress est indispensable. En tant qu’amoureux des chiffres, des mathématiques, du haut niveau et de la compétition, je suis sûr que c’est un milieu qui me correspondrait parfaitement, du moins pour le début de ma carrière professionnel.
Après niveau sport, je veux vraiment me spécialisé en triathlon car ça me correspond beaucoup plus et j’aime pouvoir allier les trois disciplines. Mais connaissant le haut niveau et les sacrifices que cela représente, je n’aurais jamais la prétention de dire que je veux faire du haut niveau en triathlon, je n’ai vraiment pas le niveau. Apres c’est sûr que je vise toujours plus haut, je ne me mets aucunes barrières donc je verrais ou cela me mène. C’est une nouvelle aventure où ma marge de progression est énorme donc je suis impatient de voir jusqu’où je peux aller.

Ce qui est sûr c’est que j’aime le style de vie que le sport m’a apporté, c’est une belle philosophie, un équilibre que je garderais le plus longtemps possible.

  • Enfin pour conclure une citation qui reflète votre philosophie de vie ?

Pour conclure, j’aime beaucoup la citation « if your dreams don’t scare you, they aren’t big enough ».
Mais j’aimerais surtout citer une énorme source d’inspiration pour moi : l’aventurier Mike Horn, qui je pense a une des plus belles philosophies de vie. Et une de ces citations qui m’a le plus marqué et inspiré est : « en gardant les pieds sur terre, on peut toucher les étoiles. »